La génétique médicale en France
Comprendre
À la rencontre des professionnels de la génétique médicale : chercheur
Découvrez des témoignages de professionnels de la génétique dans cette série de 7 vidéos.
Dans cette vidéo, une chercheuse en génétique s’intéresse aux maladies rares liées à des dysfonctionnements génétiques. Elle présente les enjeux de la recherche, sa vision, l’équipe avec laquelle elle travaille ainsi que les perspectives d’avenir offertes par les innovations technologiques récentes et à venir.
Projet réalisé par le réseau GEM-EXCELL (réseau d’excellence regroupant des experts des 5 CHU du Grand Ouest dans les domaines de la génétique et de la génomique)
Je m’appelle Valérie Dupé et je suis chercheuse au sein de l’Institut de Génétique et Développement de Rennes. Je m’intéresse à des maladies rares liées à des dysfonctionnements génétiques.
Le métier de chercheuse peut faire rêver, mais il est bien résumé par le mot lui-même : on fait des expériences, on analyse, on interprète, et on essaie de trouver des vérités biologiques. Pour ma part, je m’intéresse à des fonctionnements biologiques.
Le quotidien, tout dépend à quel niveau vous êtes dans votre carrière de chercheur. Quand on commence comme chercheur, on passe beaucoup de temps « à la paillasse », c’est-à-dire en laboratoire, à réaliser des expériences pour répondre aux questions que l’on s’est posées. Aujourd’hui, je dirige une équipe de recherche composée de techniciens, d’ingénieurs, d’étudiants en thèse, et, ce qui est un peu atypique, de cliniciens – des médecins qui s’intéressent aux pathologies et qui sont en contact direct avec les malades. Mon objectif est que tous ces profils arrivent à faire de la recherche ensemble, à se poser les mêmes questions, et à avancer vers une réponse en fonction de leurs compétences respectives.
Une question revient souvent en famille ou entre amis : « Tu cherches, d’accord, mais est-ce que tu trouves ? » Ma réponse est toujours la même : quand on cherche, on trouve toujours. L’enjeu n’est pas de trouver ou non, mais de savoir ce qu’on en fait. Est-ce que ce qu’on a trouvé s’inscrit dans une histoire biologique que l’on veut décrire ? Trouver, on trouve toujours, mais l’important, c’est comment on utilise ces découvertes.
Il y a deux façons de trouver en recherche. Parfois, on sent qu’il y a quelque chose, mais ce n’est pas clair : on se pose des questions, on vérifie les contrôles, on recommence les expériences plusieurs fois pour être sûr de ce qu’on observe. Et puis, il y a ces moments qui marquent, comme quand on voit dans le microscope quelque chose d’évident, de nouveau, qu’on n’a jamais vu avant – ce sont des instants très forts dans ce métier.
Quant à l’avenir de la recherche, les innovations technologiques des dix dernières années sont incroyables. Il y a 25 ans, je n’aurais même pas osé en rêver. Nous avons maintenant des outils fantastiques qui nous permettent d’avoir des connaissances exhaustives sur certains phénomènes biologiques. Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, nous pouvons traiter des millions de données, comme l’identité de chaque cellule, ce qui ouvre des perspectives immenses.
Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est le développement du cerveau. Grâce aux nouvelles technologies, je peux aujourd’hui faire pousser un cerveau embryonnaire en laboratoire, ce qui offre des perspectives énormes et qui, je pense, m’occupera jusqu’à la fin de ma carrière.
De façon plus générale, la recherche aujourd’hui génère énormément de données grâce aux nouvelles technologies. Ce sera aux futurs chercheurs de les utiliser au mieux pour en faire bénéficier l’ensemble de l’humanité.
